Créations
- A SWAN LAKE – 2027
- NO MATTER – 2026
- SOL INVICTUS – 2023
- Hippocampe(s) – 2022
- ODYSSEY – 2020
- Boys don’t cry – 2018
- Les Nuits Barbares – 2015
- Ce que le jour doit à la nuit – 2013
- Un Rendez-vous en Afrique – 2010
- Coppelia – 2008
- Bref Séjour chez les vivants – 2008
- Les suprêmes – 2008
- 4’30 – 2006
- Les abattoirs fantaisie – 2004
- Ménagerie – 2002
- Le Golem – 2000
Les créations d’Hervé KOUBI résonnent profondément avec les enjeux de société contemporains. Par son engagement artistique, il propose une vision ouverte et inclusive du monde, où la diversité est source de richesse et d’humanité. Sa danse, à la fois ancrée dans le réel et portée par l’imaginaire, invite à repenser notre rapport à l’autre et à célébrer la pluralité des identités.
Loin d’envisager la diffusion dans une démarche mercantile, c’est la conversation engagée avec les œuvres qui intéresse Hervé Koubi : comment peuvent-elles, au fil des années, rencontrer encore le public, parfois autrement, sous un autre prisme, et faire écho aux enjeux de société.
« Je n’ai de cesse de les requestionner tout au long de leur diffusion, de les revisiter pour qu’elles puissent continuer à faire sens » précise Hervé KOUBI.
A SWAN LAKE – 2027
« Aborder Le Lac des cygnes aujourd’hui, c’est plonger dans l’imaginaire collectif, convoquer à la fois la mémoire d’un chef-d’œuvre universel et les fantômes intimes qui l’habitent. Dans le ballet, le prince Siegfried
fuit un destin tracé, des conventions étouffantes. Son échappatoire se trouve dans la vision d’un autre monde, celui des cygnes, irréel et pourtant plus vrai que sa vie de prince.
De la même manière, Louis II de Bavière, roi rêveur et incompris, fit du mythe du chevalier au cygne Lohengrin son propre refuge. Entre l’exigence du pouvoir et l’impossibilité de vivre pleinement ses désirs, il choisit la fuite
vers l’imaginaire, l’architecture fantasmatique, la musique wagnérienne et la figure salvatrice du cygne. C’est ce double mouvement – celui de Siegfried et celui de Louis II – qui inspire ma lecture. Le Lac des cygnes devient alors moins une histoire d’amour contrarié qu’une métaphore de l’évasion, de la nécessité de créer des mondes parallèles lorsque la réalité ne suffit pas. S’échapper du monde pour mieux le retrouver, prendre une distance salvatrice, un recul permettant de mieux le questionner, de le transcender. »

« Dans cette vision, le ballet est l’écho d’un besoin universel : celui de suspendre un instant la gravité du monde, de suspendre cette fuite en avant de la soi-disant toute puissance de l’homme face au monde qui
l’entoure pour croire à une autre réalité. La danse, alors, devient cette échappatoire. Les corps se déploient, s’élancent, oscillent entre chute et envol.
Il ne s’agira même pas de réécrire l’histoire mais en revanche d’ouvrir les failles : un interstice où l’imaginaire peut prendre la place du réel, où le spectateur, à son tour, peut trouver refuge. Comme le prince et comme le roi, chacun est invité à se reconnaître dans cette tentation de l’évasion, dans ce désir de franchir le miroir des
eaux. Je veux croire qu’il est encore possible de s’élever dans un monde qui s’effondre, qu’il est encore possible d’aimer dans un monde qui se divise et qu’il est encore possible de bâtir un cygne, un navire libre dans un monde saturé de murs. »
Hervé KOUBI

L’histoire raconte que le Ganggangsullae, dansé la nuit pendant la pleine lune, a permis aux femmes de repousser l’ennemi lors d’une tentative d’invasion au XIVème siècle. Son architecture a nourris la dramaturgie de Nuits blanches et Take back the night.
NO MATTER – 2026
Le titre donne le ton : Peu importe. Que l’on soit femme ou homme, ce qui compte « c’est
de se présenter avec fierté tel qu’on est, de se moquer du regard de l’autre et du qu’en
dira-t-on pour se libérer et conserver la force d’avancer ».
Cette conviction profonde, Hervé KOUBI la porte depuis ses premiers spectacles. Elle s’incarne avec force dans NO MATTER, composé de deux pièces courtes : Nuits Blanches et Take back the night. Ce nouvel opus 100% féminin, créé avec une équipe de danseuses venues de Corée du Sud, se fait l’écho de Boys don’t cry qui posait la question de l’identité masculine.
Dans un geste libérateur, dix danseuses coréennes, accompagnées en musique par le duo lillois éléctro-pop Dear Deer, rendent hommage à toutes les héroïnes du quotidien, aux oubliées de l’Histoire, aux figures de résistance et à celles, réelles ou de fiction, qui peuplent les cultures et récits populaires.
Issues d’un pays au développement récent, où l’histoire et les traditions demeurent une richesse mais aussi un poids, elles affirment l’émancipation d’une jeunesse qui décide de s’affranchir des stéréotypes de genre. En prenant le pouvoir, elles ouvrent un espace de réflexion poétique et fédérateur.
SOL INVICTUS – 2023
Dernière création à rejoindre la tournée, Sol Invictus incarne la lumière invincible, la persévérance et l’espoir. Cette pièce imagine un microcosme où l’« étranger » n’existe plus, où les frontières deviennent fluides, et où chacun se définit librement en échappant aux stéréotypes.
« Avec au plateau dans mes créations des danseurs non binaires, européens, amérindiens, africains, maghrébins, asiatiques, handicapés, adultes, enfants, c’est au-delà d’une quelconque idée de quota que je positionne mon regard sur une diversité plus vaste et plus fluide que la binarité français étranger, valide/non valide, enfant/adulte, femme/homme…»
— Hervé KOUBI
« Un manifeste pour la vie. Sol Invictus sera Lumineux, Généreux et Universel. Toujours à mi-chemin entre physicalité hip-hop et élévation classique Sol Invictus sera une déclaration d’amour, ma déclaration d’amour à la danse, à son passé, à son présent, à son avenir.
Célébrer les liens qui nous unissent, ceux de la vie enchevêtrés au cycle des saisons. Renaître et retrouver alors l’enfance, redevenir cet enfant émerveillé par la découverte du monde et du mystère de la Vie.
Ah oui, danser comme un enfant.

S’étourdir de la place du vivant dans l’immensité de l’univers, de notre place. On pourrait croire qu’il ne s’agit après tout que de danser mais la danse permet cela, au delà des mots, célébrer la vie et nous rassembler. Mais qu’est-ce que « danser ensemble »? La réponse demeure pour moi un Mystère. Ce que je sais en revanche c’est que je veux parler d’amour, d’entre-aide, de solidarité, de lumière et de lien, celui qui nous unit à la vie.
J’appelle au plateau, tout un monde et ses sourires, une orthographe libérée au service d’une écriture qui dépasse les frontières, les esthétiques, les langues et les styles. Il y aura aussi des rondes et des spirales. Celles qui nous élèvent chacun grâce à chacun des autres, grace à l’Autre. Voilà; nous y sommes… peut-être. Je veux alors faire de la scène un terrain de jeu de tous les possibles pour accueillir une danse qui rit, une danse qui vient du coeur, de la bouche, des hanches, des pieds sur un Sol brûlant. Il y a de l’urgence, celle de rassembler oui mais aussi de susciter de l’espoir.
Je choisis donc. Ce sera un rite, un rite que nous inventerons à chaquereprésentation pour célébrer que nous sommes Vivants. Stanley Kubrick disait que « la vie dont nous faisons partie n’est qu’une étincelle fragile et éphémère face à laquelle probablement l’univers est et demeurera indifférent . Le seul moyen de surmonter cette insupportable condition serait d’y trouver un sens ».
Et puisque pour moi aimer et danser font bel et bien partie d’un même tout indivisible qu’est la vie, je voudrais que Sol Invictus soit alors cette étincelle. Aussi brillante qu’une vie remplie du bonheur de danser… ensemble. »
Hervé KOUBI – Notes de travail


Hippocampe(s) – 2022
« Le point de départ, c’est un désir. Le désir de rencontre. Fabriquer un rendez-vous pour vous comme une œuvre inachevée.
Inviter à voir ce que d’habitude je ne montre pas, ce que l’on ne voit pas. Ce moment de recherche, ce laboratoire, ce moment où Fayçal et moi nous nous transformons en alchimistes (Fayçal préfère dire cuisiniers. Ce n’est pas si différent).
Inviter à partager ce moment de doute, ce moment avant, avant la création, ce moment précieux, ce moment fragile, intime.
Hippocampe
C’est une Partie du cerveau mémoire, l’animal aquatique étrange, mystérieux, majestueux, élégant et fascinant, ce sont les mâles et non la femelle qui donnent naissance aux petits.
Il s’agit aussi une histoire , celle de 2 frères, d’un frère et d’une sœur , une histoire banale mais une histoire qui nous concerne tous car elle ressemble à l’histoire de chacun de nous j’en suis convaincu. Une histoire ici qui se raconte avec le corps ? Ou peut-être avec le cœur.
Mettre une émotion dans une boîte, c’est ce que j’essaye de faire ».
Hervé KOUBI – Notes de travail
ODYSSEY – 2020
Alors que les précédentes pièces étaient construites avec une équipe masculine, Hervé Koubi, en deçà de ce souci de cohérence, entend, avec ses danseurs, et avec la chanteuse et musicienne Natacha Atlas, aller plus loin car, par-delà la continuité, perce, surgit et se déploie une éclatante déclaration d’amour, où la féminité, existe ici sous toutes les figures de la ré-union.
Natacha Atlas, a accepté de mêler la grâce de son timbre de voix tour à tour cristallin et d’un envoûtement mystique, et surtout son univers poétique du déracinement, à celui d’Hervé Koubi.
Natacha Atlas, à travers le regard d’Hervé Koubi, incarnera la femme, toutes les femmes et l’enjeu du retour d’Ulysse, qui sera incarné par tous les danseurs de la compagnie, est bien celui de l’amour. Mais d’un amour reflété ici par le kaléidoscope du regard de la femme, terre d’accueil avant même d’être maternité chez Emmanuel Levinas, et qui signifie éminemment, en résonance avec Exode 20, 13, « Tu ne tueras point. » Et, si ce voyage que propose le chorégraphe à ses publics est une fois encore celui du passage par la mer, celle-ci se fait, par-delà la Méditerranée qui fait se rejoindre Juifs, Musulmans et Chrétiens, horizon Grec dont la houle du combat est passage nécessaire à la paix… terme féminin, honoré par excellence ici, aussi, concrètement sur le plateau.




BOYS DON’T CRY – 2018
- Chorégraphie / Choreography : Hervé Koubi – Fayçal Hamlat
- Conseillère artistique : Bérengère Alfort
- Musique originale / Original score :Stéphane Fromentin
- Création lumière / Lighting Director : Lionel Buzonie
- Création Costumes et décors / Costums and set design : Guillaume Gabriel
Co-écrite en 2018 avec Fayçal HAMLAT, cette pièce trouve son origine dans les interventions d’Hervé KOUBI en milieu scolaire. Elle traite du harcèlement, de l’homophobie, de la construction des genres et des traditions familiales oppressives.
Avec sept danseurs venus du Maghreb, Boys don’t cry déconstruit les codes d’une virilité toxique et encourage les adolescents à assumer pleinement leur identité. Une œuvre poignante, en résonance avec les jeunes générations.
Construite sur la base d’un texte de Chantal Thomas, écrit spécialement pour la pièce,
autour d’une partie de foot improbable, terrain de jeu et de danse, cette pièce s’adresse
particulièrement au jeune public.Elle sert de prétexte à une réflexion à la fois nostalgique, drôle et tendre sur ce que c’est que de danser quand on est un garçon, qui plus est quand on vient d’Afrique du Nord et d’un monde arabe.
Il s’agit de tordre le cou à certains clichés d’une certaine théorie du genre où ce serait « couture pour les filles et foot pour les garçons ». Un regard tendre et nostalgique sur une enfance empreinte d’une société où la voie prédestinée n’est pas toujours celle désirée. Une danse pour soi, une ode à la famille, une déclaration du cœur, une compréhension d’amour.
Les Nuits Barbares – 2015
Créée en 2015, cette œuvre aborde la migration, le métissage et l’appartenance commune au-delà des frontières. En convoquant l’image des « premiers matins du monde », Hervé KOUBI rappelle qu’avant d’être des barrières, les différences étaient des richesses. Les nuits barbares célèbrent ainsi la diversité et lancent un appel à l’unité.
« C’est une histoire de chemin, tout est une histoire de chemin… Cinq années passées entre l’Algérie et la France, de part et d’autre de la Méditerranée, cette mer à l’origine de tous ces peuples déracinés et exilés, origine commune, fondamentale, indéchirable de ceux qu’on appelle les Méditerranéens. Alors que je tentais vainement de retrouver la mémoire sur la terre de mes ancêtres, en Algérie, ce sont plutôt de nouveaux liens qui se sont noués, des liens inédits qui m’ont permis de mieux comprendre d’où je venais et peut-être qui j’étais. J’ai rencontré des compagnons d’Art, témoins pour moi d’une histoire perdue. J’ai rencontré ceux que j’aime appeler mes frères retrouvés. J’y ai découvert le goût des autres, j’en suis reparti, pour dessiner les contours d’une nouvelle aventure, gourmand de mystère. Les nuits barbares ou les premiers matins du monde prend sa source dans cette immense et incontournable histoire de notre bassin méditerranéen. Je choisis ici de partager ce chemin qui témoigne de mon envie d’aller vers l’autre, vers l’inconnu à l’encontre d’une actualité dont la machine médiatique qui, jouant de confusion, dicte trop souvent le « nous et les autres , nous les Civilisés, et nos voisins, les barbares » et où le sens étymologique du mot « barbare » cède souvent le pas au sens péjoratif et qualifie celui qui,
dépourvu de civilisation et d’humanité, use de la violence avec gratuité.
Certes il est important de savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va mais il est important aussi de savoir d’où l’on parle et il me paraît nécessaire dans le contexte actuel, et je pense qu’il nous est nécessaire à tous, de croire en une universalité des cultures à la fois partagées, métissées et étroitement liées ainsi qu’en un avenir qui selon moi ne peut être que commun. Les nuits barbares ou les premiers matins du monde sera comme un coup de pied donné au fond de la mer quand on s’enfonce dans les ténèbres comme pour mieux remonter à la surface. S’éloigner des ténèbres de l’obscurantisme pour mieux retrouver la lumière de notre histoire partagée. Qui étaient ces Barbares venus du nord, mystérieux Peuples de la Mer dont la Bible, les chroniques, les
monuments anciens relatent les forfaits, sans bien dire qui ils étaient, ni d’où ils venaient ? Qui étaient ces autres barbares de l’Est, ces génies des temps obscurs, les Perses, Ioniens, Siths et Babyloniens, les arabo-musulmans ? De quelle Histoire inconnue, oubliée, reprise, assimilée ou effacée sommes nous héritiers ?
Peuples coureurs de steppes ou bâtisseurs de tumulus, peuples avec ou sans dieux, pacifiques ou guerriers, vaincus et pourtant féconds… Il est mille manières de fabriquer de la société.
L’autre, l’étranger fait et a toujours fait peur. Peur fantasmée avec tout ce que cela révèle dans la confrontation, d’ignorance et de frustration même.
Je choisirai donc ici de mettre en scène cette peur ancestrale de l’étranger pour mieux aller chercher et dévoiler tout ce qu’il y a justement de sa-voirs cachés, de richesses, de raffinements derrière ces cultures barbares et questionner quelques préjugés bien ancrés dans nos esprits habitués à lire le destin de toute l’humanité à travers des œillères occidentales. Je veux proposer non pas une réhabilitation de l’Histoire envers ces peuples, ni en faire l’apologie mais y apporter une mise en lumière sensible, pétrie d’humanité et tenter de rendre attachants ces barbares, qui sont eux aussi nos ancêtres.
Une forme d’orientalisme avait nourri mes réflexions et rêves d’Orient portées sur Ce que le jour doit à la nuit. La noce barbare de Jean Cocteau, les musiques sacrées d’orient et d’occident, les brillantes traces laissées par les cultures Vandales, Perses (et les pratiques des Zurkhanées), Goths, Celtes, Huns, Arabo-musulmanes… nourriront Les Nuits Barbares ou les premiers matins du monde.
Je choisis de porter mon regard sur ce qui me paraît le plus beau, les mélanges des cultures, des religions, du sacré à travers l’Histoire pour qu’elles puissent m’aider à dessiner et mieux encore révéler les fondations d’une géographie commune sur laquelle aujourd’hui d’un bout à l’autre du monde nous sommes debout trop souvent sans le savoir. Je veux me saisir aussi de l’Histoire, ouvrir les yeux, glisser vers l’autre, courir vers la Liberté… et me souvenir que le mot barbare se dit aussi Amazigh et signifie l’homme libre.
A la beauté ! Celle qui au delà des guerres parle du mariage, celle qui rassemble, qui tourne le dos à toute revendication identitaire, celle qui prend le meilleur de chacun, qui dans son histoire, son altérité et ses origines de toute façon métissées quoiqu’il en soit, lui rend hommage comme un hymne. A la Méditerranée qui recèle pour moi tant de pourquoi lumineux où l’aveuglement et les bruissements sont les lettres d’or d’un secret perdu, celui de l’accord absolu de notre désir et de notre destin. A nos origines communes aussi qui se croisent toutes dans la Méditerranée occitane, orientale, provençale, espagnole, italienne, maghrébine, romaine, grecque… A notre Histoire qui depuis plus de 3000 ans témoigne de tant de cultures dont l’altérité, nous rassemble, oh oui, nous rassemble bien plus qu’elle ne nous éloigne. Qu’importe que nous soyons algériens, espagnols, français… Nous sommes avant tout de la Méditerranée et c’est cela notre appartenance, elle est plus ancienne que les nations.
Hervé KOUBI – Notes de travail






CE QUE LE JOUR DOIT A LA NUIT
Créée en 2013, cette pièce rend hommage aux origines d’Hervé KOUBI, partagé entre les deux rives de la Méditerranée. Portée par douze danseurs masculins venus d’abord d’Algérie, puis de tout le bassin méditerranéen, elle interroge l’identité, l’appartenance et les racines culturelles. Elle bouscule également les stéréotypes liés à la virilité, révélant fragilité et sensibilité dans une chorégraphie puissante. Chaque représentation invite le public à revisiter ces thématiques à l’aune des enjeux actuels.
« Tout jeune, avant de découvrir l’Art de la Danse et de m’y consacrer pleinement, j’étais fasciné par le dessin. Je garde aujourd’hui cette même préoccupation dans ce que j’appelle, dans mon travail, mon goût pour la construction du geste et sa mise en espace. D’où je pars, où je vais, quel sera mon chemin… J’ai probablement gardé ce goût indicible de laisser la trace du geste artistique doublé d’une préoccupation qui me tient à cœur, le rapport au temps.
Créer la matière chorégraphique en définissant les cadres d’un enjeu où l’espace et le temps seraient les outils, où le mouvement dansé serait le fil, où la construction chorégraphique serait un enchevêtrement, mieux le tissage complexe aboutissant à un travail comparable à celui d’une dentelle : une partition. Mes jalons sont donc posés pour cette transposition, mieux encore cette dématérialisation de cet objet qualifié d’art, en un mouvement dansé par définition éphémère. Une dématérialisation qui de manière paradoxale donne toute la matière à la danse.
Pour ce travail j’aimerais entre autres m’appuyer sur un élément historique afin de trouver les cadres qui inspireront les formes, les gestes puis les phrases chorégraphiques, celui de l’une des origines supposées de la dentelle, celle venant d’Orient et reliée à la broderie. L’Algérie n’est pas l’Orient et pourtant c’est la terre par excellence de ce grand courant artistique et littéraire appelé l’orientalisme. Alors c’est tel un orientaliste du 19ème siècle venu en Algérie pour donner vie à ses rêves d’Orient que je voudrais donner vie à mes rêves d’enfant né en France et qui n’a découvert que sur le tard ses véritables origines et celles de ses deux parents, algériens de souche. Ce que le jour doit à la nuit – roman de Yasmina Khadra, Directeur de Centre Culturel Algérien à Paris – se situe à ce moment et à cet endroit mêmes où mes parents ont tout quitté comme ils disent.
Partir à la quête de ce jour pour lui donner force et forme comme on part en quête de la Vérité ou plus exactement d’une vérité. La dentelle est avant tout par définition une manière de créer le «jour», le jour dans un tissu, le jour dans la matière…
…le jour dans mon histoire et pourquoi pas, sans paraître trop ambitieux et encore moins prétentieux, dans l’Histoire. Elle constitue ici un « prétexte « idéal, une merveilleuse transposition dansée de mes chemins et ceux parcourus par chacun des danseurs rencontrés en Algérie, comme autant de fils se mêlant et s’entrecroisant, autant de liens aussi qui nous unissent dans une histoire et une géographie commune, celle du grand bassin méditerranéen. Célébrer ainsi la dentelle dans son raffinement, sa beauté tout en s’attachant à un travail de mémoire. Ce projet se situe au carrefour de deux préoccupations : mon goût pour la construction et la composition dansée et une nécessité profonde de me rapprocher de mes origines en terre d’Algérie. Des liens à retrouver, d’autres à renouer et encore d’autres à construire « .
Hervé KOUBI – Notes de travail
Un rendez vous en Afrique – 2010
En collaboration avec les danseurs de la Compagnie Beliga Kopé Yopougon – Côte d’Ivoi
Nous ne nous étions jamais vus et pourtant nous nous sommes donnés rendez-vous à Yopougon, en Côte d’Ivoire. Nous avons chacun de notre côté donné et reçu, partagé. Il s’agit pour moi de mon premier rendez-vous en Afrique Noire. Je n’avais jamais eu l’occasion de travailler avec des danseurs du continent africain. Aucun d’entre eux n’avait croisé un danseur ou un chorégraphe venu d’Europe.
Il y a eu des sourires, beaucoup de passion, un peu de magie, parfois quelques mystères insolubles, une écoute au-delà des mots mais aussi et surtout un choc des cultures dont certains éclats sont générateurs de sens. A nous de nous en saisir.
Le constat est là, ces danseurs sont essentiellement issus d’une pratique de la danse traditionnelle ivoirienne. J’ai défini les cadres de ce que pouvait être un essai chorégraphique autour du thème de la rencontre en m’attachant à mettre en valeur nos différences qui, contrairement à ce à quoi on pourrait peut-être s’attendre, nous rassemblent plus qu’elles ne nous éloignent.
Il s’agit donc d’un essai chorégraphique ou plutôt de la mise en représentation d’une rencontre, pour 7 danseurs ivoiriens dont l’écriture sera contemporaine. A la base de cette écriture, il s’agit d’élaborer ce que sera le geste puis la phrase chorégraphique servant à la construction de ce «rendez-vous». Pour ce faire, je me suis attaché à utiliser mais aussi et surtout à déconstruire et plus précisément à décomposer certains des mouvements traditionnels. Jouer sur la notion d’appuis, de vitesse pour finalement en révéler une forme nouvelle. Jouer aussi sur de nouveaux cadres musicaux et ainsi me dégager des percussions conventionnelles. J’ai ainsi choisi entre autres d’utiliser de la musique baroque qui, étrangement, trouve écho dans certains nombres de pas traditionnels. C’est probablement aussi dans ce rapport inhabituel musique et danse que se situe cette rencontre.
Enfin, il s’agira de mettre en œuvre ce que j’appellerais «l’architecture» de ce projet. L’organisation de l’espace puis du temps nécessitera une partition où l’enchevêtrement des danseurs et de leurs mouvements tisseront une « étole » et, conformément à mes préoccupations artistiques, laissera je l’espère apparaître une trace témoin de cette rencontre métissée entre le jeune chorégraphe que je suis et ces danseurs, là-bas à Yopougon.
A propos de traces…
… celles que notre monde occidental « blanc » a laissé sur eux comme une imprégnation, une aliénation parfois me semble-t-il.
Mieux que de s’en défendre, ils auront, sans rancœur et pétris d’humanité, su probablement en jouer avec légèreté, détachement et distance, comme pour mieux révéler certaines vérités héritées de notre histoire commune et partagée il y a encore peu finalement ».
Ce projet n’a pas été une création véritablement. Un rendez-vous en Afrique porte bien son nom. Il est le résultat d’une rencontre que ni eux ni moi n’attendions.
Hervé Koubi – Extraits de notes de travail – Yopougon Côte d’Ivoire – 3 mars 2009
Coppelia, une fiancée aux yeux d’émail… – 2008
Habiller notre Coppélia de Cuir. Regarder Coppélia avec des yeux de grand enfant où cette poupée serait « maîtresse » du jeu, « maîtresse » du cœur de ses soupirants.
En m’inspirant du traité sur le théâtre de marionnettes de Henrich Von Kleist, j’aimerais vous faire croire qu’un pantin mécanique pourrait contenir plus de charme que la charpente du corps humain.
Pour l’amour de Frantz, Swanilda prend la place de Coppélia la poupée. Il en va ainsi dans le livret*…. Et si Coppélia n’avait pas été remplacée? Utiliser ce livret si amusant, profiter que l’œuvre est inachevée pour réécrire celle-ci, me servir aussi de cette musique composée par Léo Delibes, la valse mais aussi et surtout cette mazurka si enivrante.
Redessiner Coppélia… utiliser une gomme et quelques crayons de couleurs, enlever ou bien rajouter ça et là quelques fantaisies… beaucoup de rouge mais aussi du noir, aussi noir que ces « brillantes, brillantes bottes de cuir » portées par Séverine dans la « Venus in fur » d’Andy Warhol. Tout aussi joli, le costume sera noirci. La pointe du chausson sera remplacée par l’aiguille du talon, le nœud dans les cheveux, symbole de l’amour, par le fouet.
Utiliser certains ingrédients qui ont constitué ce ballet romantique par excellence. Utiliser la pantomime au service du sens d’une situation que trop de narration censurerait. Tout cela peut-être pour mieux encore rendre lisible le sujet et en révéler le sens.
Mettre en valeur cet immense amour pour Coppélia au point de remplacer ses prétendants par de jeunes hommes esclaves de leurs propres sentiments. Coppélia fascine, ce n’est qu’une poupée, rien de vivant et pourtant…
Notre Coppélia s’est créée avec la complicité des danseurs et tout particulièrement Alexandra Besnier et Min-Jeong Kim qui habitent « une Coppélia réinventée ». Elles sont mes complices. En exerçant sur scène ce fascinant et envoûtant pouvoir de séduction, elles me font me rappeler sans cesse que Coppélius, certes invisible dans notre version, est toujours là.
Coppélius ne serait-il peut-être pas d’ailleurs l’évocation de toutes ces sombres raisons à l’origine de nos quêtes d’amour et de beauté qui pèsent inconsciemment sur nos goûts, nos choix. Pour moi, Frantz n’est pas amoureux de Coppélia mais de tout ce à quoi il aspire, d’un idéal féminin qui n’existe évidemment pas. Peut-être lui ressemblons nous tous? Comme le dit Paul Valéry, « il n’existe pas d’être capable d’aimer un autre être tel qu’il est. On demande toujours des modifications. Car on n’aime jamais qu’un fantôme, ce qui est réel ne peut être désiré ».
Enfin, je choisis la scène comme étant l’évocation de la chambre de Coppélia. Le public sera donc au bas de la Maison de Coppélius et apercevra Coppélia un peu comme Frantz l’aperçut sur son balcon en 1870.
Quelles chances inouïes d’avoir rencontré Mesdames Wilfride Piollet et Monique Loudières, danseuses étoiles de l’Opéra de Paris, lors de tête à tête qui ont su me conforter dans mes choix et m’éclairer en m’apprenant qu’évidemment Coppélia était, elle aussi, un amour inaccessible et impossible et donc une Dame Blanche.
Hervé Koubi – Extraits du carnet de notes de la création
* Coppélia, ou la Fille aux yeux d’émail est un ballet en deux actes et trois tableaux d’Arthur Saint-Léon, sur un livret de Charles Nuitter, musique de Léo Delibes, d’après le conte d’Hoffmann L’Homme au sable, représenté pour la première fois à l’Opéra de Paris le 25 mai 1870.
Bref séjour chez les vivants – 2008
En collaboration avec Romain Panassié pour le travail de notation Benesh, avec l’aimable autorisation de Marie Darrieussecq pour l’utilisation du titre du roman du même nom. Edition POL.
Une fleur, une explosion de vie. Alors que je suis là à la contempler, fasciné par tant de beauté, je ne parviens pas à saisir cet instant, ce « ponctum » (Roland Barthes dans la Chambre claire). Rien ne me permet de jouir véritablement de cet instant qui glisse déjà entre mes doigts.
Peut-être est-ce tout simplement parce que je sais pertinemment à quel point le temps fera son œuvre.
La fuite du temps…
… l’instabilité… «l’entropie ne peut que croître» (Sadi Carnot 2ème principe de thermodynamique).
Le temps mesurera tôt ou tard notre désir vain de lui résister, nous serons trahis probablement par notre souffle, par l’eau qui ruissellera sur notre peau…
Parler du temps qui passe, du côté insaisissable de l’instant, ritualiser l’éphémère.
Tenter en vain et justement en vain de saisir le temps. Etre le « jardinier » de cet essai chorégraphique afin de soumettre aux effets du temps les fruits de cet enjeu entre musique et danse, une composition, une partition.
J’ai choisi de collaborer avec Romain Panassié, notateur en écriture Benesh, afin qu’il puisse nous aider, à l’image de l’artiste Damien Hirst avec son crâne recouvert de diamants, à matérialiser véritablement le squelette de la danse : la partition.
Après le tombé de rideau, seule celle-ci saura traverser le temps. La danse, grâce à cet écrit, sera libérée de l’interprétation et de certaines contraintes de la représentation, loin de l’éphémère, loin de l’émotion, loin du vivant.
L’ouvrage référence de Geisha Fontaine, « Les danses du temps », m’a aidé à définir et situer mon cadre de travail sur cette création.
Hervé Koubi – Extraits de notes de travail
Les Suprêmes – 2008
Si ce n’était pas elles mais ils ?
Une boîte de nuit improbable… quelques gestes, beaucoup de lumière, de la fumée… puis quelques regards et enfin quelques mots. Regarder danser les gens me fascine.
Evoquer cette vie « dansée » quand on est un homme. J’aime l’idée qu’à l’instar des Cafés de la mémoire de Chantal Thomas, nous puissions faire part de témoignages autobiographiques jalonnés cette fois-ci de ces lieux et moments dansés tout au long d’une vie.
J’aimerais me servir de clichés comme autant de fausses pistes comme pour mieux m’en éloigner, pour provoquer un temps et un espace sensible dessinant les cadres d’un témoignage dansé et même au-delà.
Dans ce que pourrait être une évocation et certainement pas une illustration d’une discothèque, mon souhait est de dévoiler la fragilité et la sincérité de ces quatre garçons, de ces quatre Suprêmes, de nos quatre suprêmes au masculin.
« A l’école déjà mon truc à moi c’était de danser. Mais dans une cour d’école? Pas évident pour le gamin que j’étais d’être en phase avec ses camarades.
Je me souviens de certains de mes camarades garçons, des plus grands et plus costaux, les caïds comme on les surnommait. Leur vie à l’école – et il en était de même par la suite au collège – pouvait se résumer à une succession de bagarres plus ou moins amicales ou plus ou moins hargneuses parfois aussi. Sans nul doute, il s’agissait d’un jeu qui constituait à s’évaluer les uns les autres sans cesse me semble-t-il, afin de savoir qui était le plus fort. Je compare ça aujourd’hui aux ajustements de règle au sein d’une meute de loups qui cherchent à déterminer qui est le chef.
Le constat était celui là, c’est souvent lors d’un match de foot que tout se joue pour ces caïds. De ces disputes autour d’un ballon, j’en garde le souvenir d’un ballet, un ballet où la chorégraphie, sa composition, sa partition est guidée par ce fameux et sacré ballon et toutes les règles de ce jeux que l’on appelle Football.
Les bousculades, jeux de jambe, courses, accélérations, arrêts soudains mais aussi, il faut le dire, de grande comédie sont autant de sources d’inspirations pour le danseur que je suis devenu.
Le foot à l’école, c’était une passion incompréhensible comme une maladie qui semble-t-il avait atteint tout garçon qui se respecte et qui je ne sais pourquoi, ne m’avait pas contaminé.
Aujourd’hui j’ai choisi de faire danser les autres. Et j’ai choisi cette boite noire qu’est le théâtre pour faire face au public comme un livre ouvert. Et ici j’ai choisi que ce livre regarde en arrière vers mes souvenirs qui jaillissent aujourd’hui avec force et sens car oui, mon « truc à moi » c’était et c’est encore aujourd’hui de danser.
Cette création est là et c’est sans « revanchardise » que je me sens maintenant assez fort pour m’adresser à ces bandes de Caïds dont j’étais exclu si souvent. Cette pièce est peut être une lettre adressée à ces Caïds qui forçaient tout de même le respect et dont je me moquais mais que quelque part j’admirais aussi.
Dans une cour d’école où les jeunes loups se regardent en chiens de faïence avant la bagarre… Dans un stade de foot, prétexte contrasté et magnifique à la danse selon moi qui détestait tant le foot…
Un théâtre qui n’illustre certainement pas, mais évoquerait plutôt un bal perdu, un dancing improbable où j’aurais tant aimé m’évader au lieu d’être à l’école ou au collège … »
Hervé Koubi
*clin d’oeil au groupe de chanteuses américaines des années 70 mené par Diana Ross et dont la musique me donnait et me donne toujours envie danser! Référence qui semble être à l’opposé du thème évoqué au premier abord et qui pourtant illustre si justement et avec sens l’histoire de Mohamed ou de Giovanni qui préfèrent la danse au Football.
4’30 » – 2006
4’30’’, le temps d’une chanson…
…tout ça n’existe pas, tout ça n’a lieu que dans ma tête, tout ça n’a lieu que dans nos têtes à tous, un voyage infiniment lent, incroyablement rapide …
un voyage immobile
tout est noir. …quelqu’un fait siffler sa machine…
…l’un danse, l’autre n’est pas très loin, un autre chantera, et encore d’autres nous donneront un temps, celui là même qui nous échappe déjà…
… et voilà un à un leurs spectres
du temps, de l’espace que nous remplirons de tout ce que nous sommes … la chanson comme miroir, une projection de toutes les couleurs possibles … ce sera donc du blanc
parler de ce lien qui nous unit tous ici, le temps d’une chanson, à l’intérieur de ce temps qui n’existe pas… une partition pour tenter de saisir ce qui m’échappe lorsque mon esprit divague pendant ce court instant
Les abattoirs, fantaisie… – 2004
Il y a cinq ans, lorsque je suis tombé amoureux des musiques traditionnelles du centre de la France, qui m’étaient jusqu’alors totalement inconnues, je n’aurais jamais imaginé à quel point elles auraient pu me remettre en question et m’inspirer. A travers cette création je voudrais tantôt abattre tantôt déconstruire certains clichés trop souvent attachés à ces musiques afin de faire partager un regard sensible mais aussi critique sur ce qui me touche dans cette rencontre.
Le Bal à la Cour, les discothèques ou les rave-party, les bals populaires, les vidéo-clips sont autant de formes de représentation – « clichés» – d’une société qui aime les rassemblements dansés. Cependant, je me questionne sans cesse sur ce qui se cache derrière cette image ou plus exactement l’apparente réalité de ces images que l’on pourrait trop souvent qualifier d’exacerbée ou d’Epinal.
Cette pièce s’intitulera abattoirs. Abattre les clichés pour célébrer celui qui danse ou, mieux encore, pousser le paradoxe à célébrer dans cet abattoir, par le spectre de la danse, le vivant…
… Ou bien fantaisie car je ne saurais me prendre au sérieux et qu’au-delà des genres et des catégories de musiques et de danses je souhaiterais avant tout dans cet essai communiquer cette envie à la fois universelle et féroce de danser.
Hervé Koubi – Extrait de notes d’intention
Ménagerie – 2002
Suite à ma rencontre avec les musiques traditionnelles autour de la création Le Golem , j’ai découvert ou plutôt redécouvert une nécessité de danser commune à tous, n’appartenant qu’en apparence au passé car plutôt héritière de celui-ci, et bel et bien vivante encore aujourd’hui.
Celui qui danse s’offre comme un livre ouvert à celui qui veut bien lire. C’est cette mise en abyme qui a conduit ma réflexion dans cette création que j’ai souhaité intituler Ménagerie. Ménagerie est une poétique ou une mystique de Bal, une galerie de gens qui se racontent à travers la musique et la danse, comme autant de scènes de bals mises en scène.
» On peut se renvoyer à ce titre à l’éloge que Roland Barthes consacre à la transformation de l’ancien théâtre Le Palace en boîte de nuit. Toutes proportions gardées, bien entendu, entre cette architecture dansante et animée qu’a constituée le phénomène Palace et les boîtes de nuit ou discothèques plus courantes, le principe de base énoncé par Barthes resterait le même et serait commun aux boîtes et discothèques : Théâtre : ce mot grec vient d’un verbe qui veut dire voir.
Voir, regarder, se laisser voir, se laisser regarder… Ces activités en rapport avec le visuel président certainement les échanges dans ces endroits. L’esprit de ces «fêtes» urbaines hebdomadairement instituées et commercialisées font appel à un sens très poussé du spectacle ».
Extraits de Ecrire, traduire représenter la fête par Elena Réal.
Roland Barthes décrit les discothèques comme étant «tout un dispositif de sensations destiné à rendre les gens heureux». Ménagerie nous ouvre les portes d’un endroit où se révèlent les rêves qui naissent dans la tête de celui ou celle qui danse.
Extrait de notes d’intention Hervé Koubi
Le Golem – 2000
« Vous désirez connaître l’histoire du Golem. N’est-ce pas ? Je dois vous dire d’emblée que moi, je l’aimais beaucoup. Et je n’étais pas le seul. Nous l’aimions tous. À nos yeux, c’était un sauveur. Un sauveur muet et malheureux. Voilà ce qu’il était. Nul ne le comprenait car nul ne vivait à sa hauteur. Connaissez-vous des êtres qui n’existent que pour autrui, qui vouent le moindre souffle, le moindre battement de paupières, la plus infime parcelle de leur existence à une vocation unique et sacrée : celle de protéger la vie, le sommeil et l’avenir de la communauté, je sais, on le disait sot. On le disait stupide, attardé, demeuré. Tel n’est pas mon avis. Cétait un saint. »
Elie Wiesel
